Les discussions entre le Fonds monétaire international (FMI) et l’État guinéen se trouvent une nouvelle fois dans l’impasse.
des transactions opaques, sans aucune justification, avoisinant le milliard de dollars, dont la destination demeure inexpliquée, et le refus des autorités guinéennes de fournir des données supplémentaires sur le projet stratégique de Simandou sont les deux points de blocage .
L’imbroglio financier qui paralyse les négociations avec le FMI remonte à novembre dernier, lorsque l’institution de Bretton Woods a décidé de suspendre l’octroi d’un prêt de 500 millions de dollars à la Guinée.
Cette suspension repose sur deux principaux motifs , des irrégularités de grande ampleur et un manque de transparence dans la communication des données économiques et financières du pays.
Selon nos informations, un audit du FMI a révélé que plus de 8 000 milliards de francs guinéens, soit près d’un milliard de dollars, ont été dépensés en dehors des circuits budgétaires classiques. Aucune justification officielle n’a été fournie, aucun document comptable ne permet de retracer ces flux financiers. Cette situation suscite la préoccupation du FMI, qui menace désormais de suspendre toute aide financière à la Guinée.
Le ministère du Budget assure que, sur le papier, les recettes fiscales sont suffisantes pour couvrir les dépenses publiques. Pourtant, la réalité est bien différente , la Banque centrale est aujourd’hui en situation de quasi-faillite.
Les banques primaires, confrontées à des difficultés croissantes pour récupérer leurs fonds et assurer le paiement de leurs clients, hésitent désormais à déposer leur argent auprès de l’institution monétaire du pays.
Ce manque criant de liquidités fragilise encore davantage l’économie guinéenne, déjà confrontée à une inflation galopante et à une dégradation des conditions de vie.
Face à cette crise financière, le FMI exige désormais un audit approfondi de la Banque centrale, pour retrouver la destination de ses milliards, mais aussi pour comprendre l’histoire des 4 tonnes d’or. soulignant une gestion jugée “catastrophique”.
Au-delà des dysfonctionnements budgétaires, un autre point cristallise les tensions , le projet minier de Simandou.
Ce gisement de fer, l’un des plus riches au monde, constitue un enjeu majeur pour l’économie guinéenne. Or, selon nos sources, le gouvernement n’a jusqu’ici fourni au FMI que des données partielles jugées insuffisantes par l’institution.
Ce manque de transparence alimente la méfiance des bailleurs de fonds, qui craignent une mauvaise gestion des revenus futurs issus de l’exploitation du site.
Dans ce contexte tendu, une nouvelle réunion se tient ce mercredi 2 avril 2025 entre les représentants du FMI et les autorités guinéennes. L’objectif était de parvenir à un compromis permettant de débloquer les discussions et d’instaurer un minimum de confiance.
Alors que l’économie guinéenne traverse une passe difficile, l’absence d’accord avec le FMI risque d’aggraver la situation. Pour l’heure, aucune solution ne se dessine, laissant planer le spectre d’une crise budgétaire de grande ampleur.
Abdoul latif Diallo
Journaliste d’investigation
Très très indépendant