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Crise financière : la Banque centrale relance la planche à billets avec la réception de deux conteneurs de 40 pieds

L’économie guinéenne vacille. En proie à une crise aiguë de liquidités, l’État peine à honorer ses engagements financiers, tandis que la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) se voit contrainte de recourir à l’émission monétaire pour pallier les déficits.

Hier, deux conteneurs de 40 pieds, chargés de nouveaux billets, ont été réceptionnés par l’institution, confirmant ainsi le recours à la « planche à billets », une mesure aux conséquences potentiellement désastreuses pour le pouvoir d’achat des Guinéens.

Dans l’administration, les retards de paiement s’accumulent. Seuls les salaires des fonctionnaires sont assurés, bien que tardivement.

Au ministère de l’Économie et des Finances, les dossiers financiers stagnent, avant d’être à leur tour bloqués par une Banque centrale désormais exsangue.

Ce tarissement des liquidités s’explique notamment par une gestion budgétaire chaotique, où les finances publiques s’entremêle dangereusement avec des intérêts privés.

Le lancement des nouveaux billets de 20 000 GNF apparaît comme un aveu d’impuissance face à une crise monétaire qui ne cesse de s’aggraver.

Loin d’être une solution durable, cette injection massive de liquidités risque d’alimenter une spirale inflationniste, accentuant ainsi la dépréciation du franc guinéen.

Dans les établissements bancaires, la situation est tout aussi préoccupante. Les banques primaires souffrent d’une pénurie sans précédent de liquidités en GNF, mais aussi en devises étrangères (EUR et USD).

Pourtant, les flux de dollars générés par les investissements dans le projet Simandou auraient dû, en théorie, soutenir la monnaie nationale.

Mais ces entrées de capitaux ne se traduisent pas par une appréciation du franc guinéen, notamment en raison d’opérations financières opaques, des achats immobiliers à plusieurs millions de dollars, financés par des fonds publics, contribuent à l’assèchement des réserves de devises.

Par ailleurs, les banques commerciales, méfiantes, rechignent à déposer leurs ressources auprès de la BCRG, craignant de ne pouvoir les récupérer en temps voulu.

Autre signe inquiétant , l’État guinéen émet des titres de dette publique pour financer des contrats atteignant plusieurs centaines de milliards de GNF, alors que les travaux associés à ces financements ne sont même pas engagés.

Une situation qui alimente les doutes quant à la soutenabilité de la dette publique et la capacité du gouvernement à rétablir l’équilibre budgétaire.

Face à cette impasse financière, la réponse trouvée est l’impression de nouveaux billets, au risque de provoquer une inflation galopante.

Une stratégie qui, si elle permet à court terme d’éviter une asphyxie totale de l’économie, menace à moyen terme le pouvoir d’achat des Guinéens et la stabilité financière du pays.

Abdoul latif Diallo
Journaliste d’investigation
Très très indépendant

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